Depuis la révolution industrielle, l’homme a vu son confort s’améliorer, mais les personnes malvoyantes ne furent pas en reste, comme la vulgarisation des lunettes de vue, rendant accessible une meilleure vision à ceux qui en possédait une détériorée.
Mais le changement arrive, et est déjà la, grâce aux avancées technologiques, et d’internet, qui permet une meilleure avancée et une communication plus rapide sur tout les sujets scientifiques, et pour notre cas, sur les avancées technologiques qui vont sûrement améliorer le quotidien des malvoyants et des très malvoyants.
Nous allons donc voir ce que propose aujourd’hui la technologie à cet égard.

Commençons par quelques applications disponibles sur smartphone qui peuvent aider nos contemporains.

Be My Eyes : prêter ses yeux aux malvoyants

applications malvoyants

Be My Eyes est avant tout une application gratuite de mise en relation, comme il en existe de plus en plus. Son concept ? Faciliter le contact entre les personnes déficientes visuelles et une communauté de bénévoles, prêts à leur venir en aide. Concrètement, il s’agit pour ces bénévoles d’orienter les malvoyants dans leurs activités du quotidien : lire pour eux une date de péremption ou le temps de cuisson d’un produit, par exemple. Chaque fois que quelqu’un indique avoir besoin d’aide, ils reçoivent une notification sur leur smartphone. Ils peuvent ainsi choisir d’y répondre, ce qui a pour effet d’ouvrir une conversation vidéo. Il leur suffit ensuite de décrire oralement à la personne malvoyante ce qu’ils voient.

L’application existe depuis 2015 et a déjà remporté un franc succès : 617 000 bénévoles se sont déjà inscrits, pour apporter leur aide à près de 50 000 personnes déficientes visuelles. Be My Eyes a d’ailleurs gagné en 2017 le prix de la Semaine de l’Innovation d’Oslo !

 

Aipoly Vision : changer le smartphone en aide visuelle

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Pour les personnes malvoyantes qui cherchent à gagner encore plus en autonomie, il existe également l’application Aipoly Vision. Ici, ce ne sont plus des bénévoles qui leur décrivent leur environnement, mais carrément leur smartphone ! Pour l’utiliser, il leur suffit de scanner un objet avec la caméra de leur téléphone. Grâce à des technologies avancées de reconnaissance visuelle, d’intelligence artificielle et d’assistance vocale, les serveurs d’Aipoly vont ensuite analyser l’objet et envoyer une description, qui sera lue à voix haute par l’application. Concrètement, elle peut donc leur permettre de reconnaître un objet, mais aussi d’avoir une perception plus tangible de leur environnement, notamment dans la rue (bâtiments, véhicules, panneaux de signalisation).

D’après la start-up qui l’a mise en place, incubée au centre californien Singularité University, Aipoly Visionserait déjà capable d’identifier des milliers d’objets à une vitesse de trois par seconde. Elle est déjà disponible en téléchargement gratuit sur l’Apple Store et Google Play.

 

Darwin Reader : faciliter la lecture aux personnes malvoyantes

applications malvoyants

Darwin Reader est une application de lecture, accessible aux déficients visuels. Concrètement, elle permet de télécharger des livres et de les faire lire à voix haute par une voix de synthèse. Une très bonne nouvelle pour les malvoyants amoureux de la lecture ! Pour trouver des livres, il est possible de les télécharger directement depuis l’application (mais il y a pour l’instant peu d’ouvrages en français), ou bien de récupérer ceux que l’on a déjà sur son ordinateur, tant qu’ils sont au format Daisy (Digital Accessible Information System).

L’application est déjà disponible sur Google play au prix de 10,95€. À noter qu’il existe également une version d’essai gratuite de 30 jours.

Avec les années, de plus en plus d’applications à destination des personnes malvoyantes devraient encore se développer ! 😉

 

TalkBack

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Il s’agit de d’une application développée par Google afin de faciliter la vie des déficients visuels lorsqu’ils souhaitent interagir avec leur smartphone. TalkBack vous annonce via le haut parleur les actions en cours, les options disponibles, les onglets sur lesquels vous passez ou encore les applis que vous sélectionnez. Afin de profiter au mieux de l’appli, nous vous conseillons cependant d’avoir un mobile disposant d’un trackpad (sorte de souris tactile présente sur certains modèles comme le HTC Desire). Cela vous permettra de survoler les onglets ou les options sans pour autant cliquer dessus.

Une fois téléchargée, vous devrez aller dans les paramètres de votre smartphone et l’activer dans l’onglet « accessibilité » en cochant les cases correspondantes.

Si vous souhaitez améliorer la prononciation de la voix de synthèse, il existe de très nombreux systèmes de « text-to-speech » alternatif à celui d’origine (comme celui de SBOX Mobile Voices) et de nombreuses voix spécialisées dans la langue de Molière. Pour régler ces options, allez dans paramètres > saisie et sorties vocales >.

Enfin, pour avoir plus d’options de configurations pour Talkback, vous pouvez également télécharger Accessibility Preferences.

Mobile Accessibility

Voici une solution complète qui devrait aider toutes les personnes aveugles. La version française de Mobile Accessibility regroupe sur un même espace (qui remplace l’écran d’accueil) une série d’applications spécialement conçues pour les malvoyants : Téléphone, Contacts, , Alarme, Calendrier, Email, Web, etc. Leur interface est simplifiée et la synthèse vocale est activée pour indiquer à l’utilisateur ce qu’il est en train de faire.

Pour téléphoner ou écrire un message, les claviers ont également été adaptés (avec un clic pour savoir de quelle lettre ou de quel chiffre il s’agit et un double-clic pour le taper).

Si vous disposez d’un trackpad, vous pourrez également être guidé dans l’interface standard du téléphone.

L’application est un particulièrement chère (74,52 euros !) mais c’est celle qui semble la plus aboutie en la matière pour le moment. Il existe d’ailleurs une version trial d’évaluation où tout est accessible pendant 30 jours. A essayer avant d’adopter donc.

 

Big Launcher :

 

   

Big Launcher est une appli qui remplace votre écran d’accueil standard par une nouvelle interface avec de grandes icônes colorées et de larges textes. Elle s’adresse donc plutôt aux personnes âgées dont la vue baisse ou aux malvoyants.

Tout ce qui est textuel est également écrit dans une police plus grande que celle d’origine. Pratique par exemple pour lire les textos. Et tout est lu par TalkBack (voir ci-dessus). A noter que l’appli est disponible en langue française.

 

Blind SMS Reader :

 

 

Comme son nom l’indique Blind SMS Reader est une application permettant de faire lire vos textos en code morse ou en . Pour le  par exemple, l’appli va convertir les données dans le système d’écriture. Ensuite, lorsque l’utilisateur passe son doigt sur l’écran, une vibration longue indique un espace plein tandis qu’une vibration plus courte indique un espace vide.

 

Darwin reader :

 

 

Darwin reader est un lecteur de livre accessible aux déficients visuels. L’appli vous permet de télécharger des livres et de les faire lire par la voix de synthèse. Elle est entièrement compatible avec les  formatés en Daisy (Digital Accessible Information SYstem). Vous pouvez d’ailleurs télécharger sur votre smartphone des ouvrages que vous avez sur votre ordinateur.

Toute l’interface est par ailleurs conçue pour les aveugles et peut être vocalisée. Darwin Reader est connectée directement à deux bibliothèques spécialisées dans les livres audio : LibriVox et Benetech Bookshare. Même si la majorité des ouvrages proposés sont en anglais, en farfouillant un peu, vous pourrez aussi en trouver en français.

 

Il n’existe malheureusement pas encore beaucoup d’applis disponibles sur Android pour les malvoyants et les aveugles. Mais dans les prochains mois, de nombreuses applis devraient sortir, comme Kapten for smartphone, un système destiné à faciliter les déplacements urbains pour les aveugles qui doit débarquer sur le Market fin 2012.

Enfin, on vous conseille de regarder de près les logiciels développés par Eyes Free Project, qui tous sont destinés à améliorer le quotidien des déficients visuels avec leur smartphone.

 

Evidemment, il existe des améliorations physiques, expérimentales ou non, qui sont très prometteuses pour l’avenir, ou un jour, plus aucun humain ne sera privé de la vue, pouvant apprécier pleinement la beauté de ce monde (ou pas).

Commençons par les daltoniens, dont le Grand-père de Chris souffrait (mais son handicap ne l’a jamais empêché d’avoir une belle vie).
Un daltonien souffre d’une anomalie de la vue, affectant sa perception des couleurs. Il s’agit d’un trouble incurable, pouvant cependant être corrigé par l’utilisation de lunettes pour daltoniens.

Des lunettes pour corriger le daltonisme

Le daltonisme est une anomalie génétique touchant plus de 300 millions de personnes à travers le monde. En partenariat avec le fabricant de peinture Valspar, la société américaine EnChroma a créé des lunettes permettant de corriger le daltonisme. Elles sont commercialisées depuis l’année 2015. Les deux formes de daltonisme les plus fréquentes sont la deutéranopie, empêchant de voir la couleur verte, ainsi que la protanopie, altérant la perception de la couleur rouge. Les lunettes pour daltoniens permettent de corriger ces deux types de daltonisme. Elles s’apparentent à de simples lunettes de soleil pouvant aisément se porter durant la journée. Leur coût d’achat commence à partir de 300 euros.

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Lunettes pour daltoniens : origines et mode de fonctionnement

Les lunettes pour daltoniens ont été inventées par le professeur McPherson. Celui-ci les a mises au point par hasard, en travaillant à l’origine sur des lunettes de protection laser destinées à des chirurgiens. Les lunettes pour daltoniens filtrent les différentes longueurs d’onde de lumière perçues par les yeux, permettant ainsi de mieux voir les couleurs tout en les rendant plus vives. Elles seraient efficaces dans 80% des cas chez les personnes atteintes de daltonisme.

Un des rêves les plus fous de la médecine : rendre la vue. Les premiers succès arrivent avec des essais cliniques de rétines artificielles, des thérapies géniques et des cellules souches.

Entre la rétine bionique, la correction génétique et la régénérescence cellulaire, on peut penser qu'il sera possible d'améliorer nettement la vision des malvoyants d'ici 2030.

En mars 2018, l’hôpital ophtalmologique Moorfields de Londres a annoncé avoir rendu la vue à des malvoyants. Avec des patchs de cellules souches insérés sous leurs rétines, deux patients ont pu se remettre à lire, alors qu’ils n’y arrivaient plus du tout. Ce résultat dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est le premier succès des cellules souches sur une atteinte visuelle profonde. Pour y parvenir, les chercheurs ont cultivé des cellules embryonnaires et les ont transformées en cellules rétiniennes afin de remplacer celles endommagées par la DMLA.

Ce transplant par« donneur »implique de modérer le système immunitaire du patient afin de réduire les phénomènes de rejet. Mais dans la rétine comme dans le cerveau, le système immunitaire est beaucoup moins agressif et le patch rétinien n’a pas nécessité de traitement lourd pour être toléré. Selon les spécialistes des cellules souches, ce succès laisse présager d’autres possibilités régénératives dans le cadre de maladies du cerveau comme celle de Parkinson.

Vision bionique

Sur le traitement des affections visuelles, la France est plutôt en avance. Déjà, les systèmes de vision bionique de Pixium Vision améliorent l’acuité visuelle de patients depuis 2014. Au fil des essais, la société a affiné les performances de ses implants électroniques. Elle a levé 10,6 millions d’euros en mai 2018 pour déployer son implant de nouvelle génération.

Destiné à permettre aux malvoyants atteints de DMLA sèche de distinguer des images, son dispositif médical Prima est constitué d’une mini-caméra fixée sur les lunettes du patient. Celle-ci transmet les images vidéo à un ordinateur de poche, qui les transforme en informations neurologiques avant de les renvoyer par laser infrarouge à un implant fixé sous la rétine. En bout de chaîne, l’implant stimule directement les nerfs optiques pour que le patient puisse réapprendre à voir.

Si la startup a obtenu le feu vert européen et le forfait innovation pour son premier système Iris II, ses implants ont montré une durée de vie plus courte que prévu et elle améliore actuellement leur résistance au temps. Elle est en attente de la décision des autorités réglementaires pour avancer.

Sur le marché mondial de la cécité,l’autre grand nom de la vision bionique est le dispositif Argus II de l’américain Second Sight, autorisé par la FDA (Food and Drug Administration) depuis 2013. S’il comporte deux fois moins d’électrodes que l’Iris, sa commercialisation est déjà bien avancée.

Thérapie génique contre cécité

Une partie des affections visuelles étant d’origine génétique, les chercheurs ont aussi recours à la thérapie génique pour lutter contre la cécité.En France, GenSight Biologics vient d’annoncer les résultats de son essai clinique de phase III sur le traitement GS010pour des patients atteints de la maladie de Leber. Cette neuropathie optique héréditaire, considérée comme une maladie rare, fait brutalement chuter la vue jusqu’à la quasi-cécité.

Suite à l’injection de sa formule dans un des deux yeux des 37 patients (pour comparer l’effet), GenSight a enregistré des améliorations significatives, de l’ordre de 11 lettres ETDRS [échelle mesurant l’acuité visuelle, ndlr]. Le résultat troublant de l’étude est que l’œil non traité de chaque patient a aussi gagné en acuité visuelle, révélant un drôle de transfert de compétences visuelles à explorer.

Pour le CEO de GenSight, Bernard Gilly (également cofondateur de Pixium Vision), ces résultats pourraient amener rapidement le GS010 sur le marché, le transformant en première thérapie génique française commercialisée. La maladie de Leber provoque la cécité partielle de 1.500 personnes en Europe et aux États-Unis chaque année.

« Notre deuxième candidat est basé sur une protéine que la lumière active et qui pourrait remplacer les photorécepteurs de la rétine, détruits par la DMLA ou la rétinite pigmentaire, explique Bernard Gilly. C’est un traitement simple à administrer et nous allons entrer en essai clinique en Grande-Bretagne. »

En France, l’autre jeune pousse de thérapie génique contre la cécité estHorama. Créée en 2014 par des chercheurs de l’Inserm et du CHU de Nantes, elle développe notamment un candidat pour soigner la rétinite pigmentaire : HORA-PDE6B. Ce candidat a reçu l’autorisation d’entrer en essai de phase I/II en octobre 2017.

Entre la rétine bionique, la correction génétique et la régénérescence cellulaire, on peut penser qu’il sera possible d’améliorer nettement la vision des malvoyants d’ici 2030.

Prophesee imite l’œil, pour hommes et machines

La deep tech française Prophesee, ex-Chronocam, est en train de révolutionner la vision artificielle avec une technologie unique au monde, issue en partie des travaux sur l’œil humain menés par la recherche publique (Institut de la vision, CNRS, CEA, UPMC, Inserm). La startup vient de lever 19 millions de dollars, portant à 40 millions le total depuis trois ans. Basée à Paris et dotée de bureaux au Japon et aux États-Unis, Prophesee emploie 75 ingénieurs et détient plus de 50 brevets internationaux.

Son innovation imite l’œil et le cerveau humain pour permettre aux machines de voir ce qui leur était auparavant invisible grâce à sa capacité de traitement de vision extrêmement rapide, équivalente à 10.000 images par seconde. Autrement dit, elle permet aux capteurs et aux caméras de voir et d’analyser ce que l’œil humain et les capteurs actuellement disponibles sur le marché ne peuvent percevoir. La startup est notamment à l’origine de la première rétine artificielle en silicium, qui est aujourd’hui commercialisée pour des systèmes de restauration de la vue pour les aveugles.

Mais les potentielles applications de cette technologie de rupture s’étendent à de nombreux domaines. Si bien que Prophesee ambitionne d’ouvrir une nouvelle ère de vision artificielle pour les machines, qu’il s’agisse de véhicules autonomes, de robotique, de drones, d’automatisation industrielle ou encore d’objets connectés. Les 19 millions de dollars levés cette année serviront à accélérer la phase de déploiement de la technologie dans les secteurs ciblés par la startup.

« Nous avons désormais les moyens nécessaires pour passer rapidement du stade de développement technologique à la phase de déploiement », affirme Luca Verre, cofondateur et Pdg de Prophesee.


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